IGH

IT 2011 — Désenfumage et charge calorifique dans les IGH

Deux instructions techniques du 30 décembre 2011

Deux instructions techniques publiées simultanément le 30 décembre 2011 et applicables aux immeubles de grande hauteur (IGH) : la première précise les méthodes de calcul du désenfumage des locaux, circulations et escaliers des IGH ; la seconde définit les méthodes d'évaluation de la charge calorifique mobilisable dans les IGH (en MJ/m²). Ces textes complètent et précisent le règlement de sécurité IGH (arrêté du 18 octobre 1977 modifié).

Texte officiel : Légifrance

Sommaire
  1. IT A — Désenfumage dans les IGH : principes généraux
  2. IT A — Désenfumage des locaux et niveaux
  3. IT A — Désenfumage des circulations et escaliers
  4. IT B — Évaluation de la charge calorifique : définitions
  5. IT B — Méthodes de calcul de la charge calorifique

IT A — Désenfumage dans les IGH : principes généraux

IT 30/12/2011 — Désenfumage IGH §1

§1.1. Champ d'application. L'instruction s'applique aux IGH (h > 50 m pour habitations, h > 28 m pour autres destinations) pour le dimensionnement des installations de désenfumage mécanique des :

— locaux à occupation ou activités permanentes (bureaux, commerces, locaux techniques) ;
— circulations horizontales ;
— escaliers encloisonnés et sas.

§1.2. Principe du désenfumage en IGH. Le désenfumage en IGH est obligatoirement mécanique. Le système doit assurer :

— l'extraction des fumées au niveau sinistré ;
— le maintien en surpression des circulations et escaliers adjacents (ou leur désenfumage si non mis en surpression) ;
— le cantonnement des fumées dans le volume incendié par mise en dépression relative du local sinistré par rapport aux parties saines.

§1.3. Déclenchement. Le désenfumage est déclenché automatiquement par le système de sécurité incendie (SSI) de catégorie A, sur détection automatique dans le local sinistré ou sur déclenchement manuel depuis le poste central de sécurité incendie (PCSI). Il doit être opérationnel dans un délai ≤ 60 secondes après détection.

IT A — Désenfumage des locaux et niveaux

IT 30/12/2011 — Désenfumage IGH §2

§2.1. Débits d'extraction. Le débit volumique d'extraction du local sinistré est calculé selon la méthode définie dans l'instruction. Pour les locaux courants :

— débit de base : 1 m³/s par tranche de 100 m² de surface de plancher, avec un minimum de 1 m³/s ;
— hauteur de la couche de fumée libre : maintenue à ≥ 1,80 m au-dessus du plancher ;
— température des fumées extraites : ≤ 400°C au droit des bouches d'extraction ;
— le calcul tient compte du foyer de référence (puissance : 1 MW pour les locaux de bureaux, 2,5 MW pour les locaux à risques particuliers).

§2.2. Amenées d'air. L'amenée d'air compense l'extraction :

— débit d'amenée = débit d'extraction (bilan de masse) ;
— vitesse de soufflage aux bouches d'amenée ≤ 5 m/s pour éviter de perturber la couche de fumée ;
— les bouches d'amenée sont positionnées dans la zone non enfumée (partie basse du local, sous 1,80 m) ;
— l'amenée d'air peut être réalisée par insufflation mécanique ou par ouvertures naturelles autoréglables, sous réserve de justification.

§2.3. Cantonnement. Lorsque plusieurs locaux sont désenfumés simultanément au même niveau, les écrans de cantonnement (M0, SF 1/4h, descente sous plafond ≥ 0,50 m) délimitent des cantons indépendants. Le débit est calculé canton par canton.

IT A — Désenfumage des circulations et escaliers

IT 30/12/2011 — Désenfumage IGH §3

§3.1. Circulations horizontales. Les circulations horizontales des IGH sont désenfumées mécaniquement :

— débit d'extraction ≥ 0,5 m³/s par mètre linéaire de circulation ;
— bouches d'extraction espacées ≤ 10 m ;
— toute porte de local accessible au public à ≤ 5 m d'une bouche d'extraction ;
— amenée d'air par les façades, les sas ou par injection mécanique dans la partie basse.

§3.2. Escaliers — mise en surpression. Les escaliers encloisonnés des IGH sont mis en surpression pour empêcher la pénétration des fumées :

— surpression dans la cage d'escalier : de 20 Pa (porte fermée) à 80 Pa maximum (pour permettre l'ouverture des portes) ;
— débit d'insufflation calculé pour maintenir ces valeurs avec les portes dans les états les plus défavorables ;
— l'air insufflé dans les escaliers provient de l'extérieur ou d'une zone saine non contaminée ;
— la régulation de la surpression est assurée par des clapets de surpression ou par variation de débit.

§3.3. Sas. Les sas d'accès aux escaliers et ascenseurs sont mis en surpression ou désenfumés selon leur configuration. Surpression dans le sas : 10 à 50 Pa. En cas de sas désenfumé : débit ≥ 2 m³/s.

IT B — Évaluation de la charge calorifique : définitions

IT 30/12/2011 — Charge calorifique IGH §1

§1.1. Définitions.

Charge calorifique mobilisable (Q) : quantité totale de chaleur susceptible d'être dégagée par la combustion complète de tous les matériaux combustibles présents dans un local, exprimée en MJ.
Charge calorifique surfacique (q) : charge calorifique mobilisable rapportée à la surface au sol du local (MJ/m²).
Pouvoir calorifique supérieur (PCS) : quantité maximale de chaleur dégagée par la combustion complète d'un matériau (MJ/kg). Utilisé par défaut en l'absence de valeur mesurée (CCM).
Chaleur de combustion mobilisable (CCM) : valeur mesurée lors d'essais représentatifs des conditions réelles de combustion en façade ou dans un local (toujours ≤ PCS).

§1.2. Matériaux à prendre en compte. Tous les matériaux combustibles présents dans le local ou la zone considérée : mobilier, matériaux de revêtement (murs, sol, plafond), éléments de structure combustibles, câblages, équipements techniques. Sont exclus les matériaux classés A1 (incombustibles) et les matériaux protégés par un écran coupe-feu de degré ≥ 1h.

IT B — Méthodes de calcul de la charge calorifique

IT 30/12/2011 — Charge calorifique IGH §2–3

§2.1. Méthode de calcul par inventaire. La charge calorifique mobilisable Q d'un local est calculée par la somme :

Q (MJ) = Σ [mi (kg) × CCMi (MJ/kg)]

où mi est la masse de chaque matériau combustible i et CCMi sa chaleur de combustion mobilisable. À défaut de CCMi mesurée, on utilise le PCS fourni par le fabricant ou les valeurs tabulées de la norme NF EN 1991-1-2 (Eurocode 1).

§2.2. Valeurs tabulées de référence (NF EN 1991-1-2). Exemples de charges calorifiques surfaciques q caractéristiques par destination :

Destination du localq moyen (MJ/m²)q 80e percentile (MJ/m²)
Bureaux420560
Logements780948
Hôtels310568
Locaux commerciaux6001 500
Bibliothèques, archives1 5002 000

§3. Utilisation de la charge calorifique. La charge calorifique surfacique q est utilisée pour :
— le dimensionnement des systèmes de désenfumage (puissance du foyer de référence) ;
— la vérification de l'adéquation de la résistance au feu des structures porteuses (durée de l'incendie conventionnel) ;
— l'évaluation du risque incendie et la justification de dérogations aux dispositions constructives.

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